Deauville 2016 : “Le cinéma est un jeu de hasard” pour Chloë Grace Moretz

December 16, 2019 0 By HearthstoneYarns

Lauréate du Prix Nouvel Hollywood du Festival du Cinéma Américain de Deauville, Chloë Grace Moretz revient avec nous sur quelques aspects de sa carrière et sa vision de son métier d’actrice.

Après Jessica Chastain ou Elizabeth Olsen, c’est à Chloë Grace Moretz qu’est revenu le Prix Nouvel Hollywood du Festival de Deauville 2016. L’occasion d’évoquer avec la comédienne cette carrière déjà riche qui lui a permis de côtoyer Martin Scorsese, Tim Burton et Olivier Assayas, et de ne pas tomber dans les mêmes impasses que bon nombre d’enfants acteurs.

AlloCiné : Que représente ce Prix Nouvel Hollywood pour vous ? Une façon de vous dire que vous avez fait les bons choix jusqu’ici ?
Chloë Grace Moretz : Je le vois davantage comme un honneur que comme un prix. Quand je me suis retrouvée debout face à 1500 personnes, dont certaines qui viennent depuis 40 ans, hier soir, l’idée de savoir que mes films ont non seulement été vus, mais qu’ils ont eu assez d’impact pour qu’on me remette un prix, m’a permis de réaliser de quelle façon j’avais compté jusqu’ici. Et c’est toujours intéressant car vous faites beaucoup de films, et vous avez parfois tendance à oublier que certaines personnes les voient. C’est une très belle expérience que d’être ici, et ça me rend humble que d’entendre cette reconnaissance.

Avez-vous toujours le sentiment d’être une jeune actrice, alors que vous travaillez depuis que vous avez 6-7 ans ?
Bien sûr, car je n’ai que 19 ans. Mais j’ai eu du mal à le réaliser car j’ai tendance à oublier que je suis une jeune actrice. Je me dis presque que je suis une adulte tant j’ai fait de films. Sauf que j’ai 19 ans, et pas besoin de précipiter les choses pour qu’elles se produisent. J’ai encore le temps et c’est dans cet état que je suis actuellement, au sein de l’industrie : je réévalue qui je suis et ce que signifie que d’avoir 19 ans. Et ça fait du bien que de pouvoir s’asseoir et de profiter des choses telles qu’elles sont, sans courir.

==> Qu’a dit Chloë Grace Moretz pendant son discours à Deauville ?

Pendant la cérémonie de remise de votre prix, vous avez remercié les personnes qui vous ont aidé à façonner votre carrière, et tout le monde sait à quel point il est difficile pour un enfant acteur de devenir un vrai acteur : avez-vous été particulièrement attentive à votre entourage et choix de projets ?
J’ai toujours joué par passion, jamais par peur, pour l’argent ou la célébrité. J’ai toujours joué par amour pour mon film et mon art. Si je ne sentais pas qu’un film est pertinent pour m’aider à construire ce que je suis, je ne le ferais pas. J’ai eu de la chance de pouvoir travailler avec amour et passion, et non pour l’argent et par peur.

Sentez-vous qu’il est difficile pour vous de confirmer ? De devenir une actrice adulte ?
Oui mais j’ai de la chance car je n’ai jamais été une grande enfant star. Donc ma transition entre l’adolescence et l’âge adulte, qui se fait encore en ce moment, a été plus douce car je ne me suis jamais vue comme une simple petite fille. Je n’ai jamais été la petite sœur du monde, mais davantage une actrice qui jouait des rôles plus adultes que ceux de mon âge. Il est difficile de déterminer ce que signifie avoir 19 ans, quelle sexualité ou quelle immaturité on veut mettre dans ses rôles.

Je cherche juste à prendre les meilleures décisions possibles, car le cinéma est un jeu de hasard : tu t’assoies autour d’une roulette et tu prends un numéro, en espérant que la boule s’arrête dessus. Si c’est le cas, tu peux continuer, mais tu ne peux pas jouer par peur.

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Je réévalue qui je suis

Quel souvenir gardez-vous de votre premier rôle ?
C’était dans Heart of the Beholder, quand j’étais gamine. Mais mon premier vrai rôle était dans Amityville. Je me rappelle à quel point c’était cool de pouvoir jouer à faire croire, avec tous ces gens, et je me rendais compte qu’ils étaient aussi idiots que moi. C’était vraiment très différent.

Vous avez joué sous la direction d’Olivier Assayas : avez-vous noté chez lui une façon différente de diriger par rapport aux réalisateurs américains ?
Sa méthode est très libératrice car il vous incite à faire ce que vous voulez. Et ses tournages sont très calmes, très paisibles. Le processus de production est beaucoup plus paisible en France qu’aux Etats-Unis, où tout le monde est très bruyant, aggressif et sauvage. En France, les films se font avec moins d’argent qu’aux Etats-Unis, mais on a l’impression qu’il y a plus de passion dedans. C’est très intime.

Notre interview-carrière de Chloë Grace Moretz :

Chloë Grace Moretz : de Kick-Ass à La 5ème vague, elle revient sur sa carrière

Il y a régulièrement des rumeurs sur un “Kick-Ass 3” ou un spin-off sur Hit-Girl. Sont-elles fondées ?
Je pense que Kick-Ass, ça n’est que le premier film. Pas le second. Il ne faut retenir que le premier et laisser les choses telles qu’elles sont.

Voyez-vous le film comme celui qui a changé votre carrière ?
Complètement ! C’est celui qui m’a permis de décoller. C’est grâce à Kick-Ass que j’ai été propulsée au visage des gens, et notamment des adultes, qui se sont rendus compte qu’ils avaient envie de voir mes films.

Aimeriez-vous de réaliser un film ?
Bien sûr ! Je produis déjà mais j’adorerais réaliser un film et y diriger mon frère. Je n’ai pas encore de projet concret mais c’est comme pour le jeu : si mon cœur et ma passion sont dedans, je foncerais.

Propos recueillis par Maximilien Pierrette à Deauville le 3 septembre 2016

Chloë Grace Moretz et Diane Kruger sur le tapis rouge d’ouverture :