Orage de cytokine : une piste pour prédire les cas graves de Covid-19

May 22, 2020 0 By HearthstoneYarns

Certaines formes graves des symptômes du Covid-19 pourraient être expliquées par ce que l’on appelle un “orage cytokinique”. Ce phénomène se traduit par une réaction hyper-inflammatoire de l’organisme. Le système immunitaire s’emballe et se retourne contre lui-même, mettant la vie du patient en danger.

Sommaire

  1. Qu’est-ce que le choc cytokinique ? 
  2. La piste d’un traitement 

Le nouveau coronavirus provoque habituellement des

symptômes bénins comme de la fièvre, de la fatigue, de la toux et parfois une gêne respiratoire. “Environ une personne sur six contractant la maladie présente des symptômes plus graves, notamment une dyspnée” note l’

Organisation Mondiale de la Santé. Selon le Pr. Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Bichat à Paris et interrogé par l’AFP, une éventuelle aggravation arrive souvent brutalement, environ 7 jours après l’apparition des premiers symptômes. Dans ce cas, le patient présente un syndrome de détresse respiratoire aiguë : les poumons ne fournissent pas assez d’oxygène aux organes vitaux et une ventilation artificielle est alors nécessaire.Qu’est-ce que le choc cytokinique ? Cette maladie comportant encore beaucoup de zones d’ombre, les raisons des complications sont étudiées par les chercheurs. “Les preuves s’accumulent pour suggérer qu’une partie des patients souffrant de formes sévères de Covid-19 sont les sujets d’un syndrome de choc cytokinique a déclaré Jessica Manson, spécialiste de phénomènes inflammatoires à University College Hospital de Londres, dans la revue médicale

The Lancet. Les cytokines sont des molécules naturellement produites par le système immunitaire dans l’organisme. Elles aident à réguler l’action immunitaire et favoriser la réaction inflammatoire, réponse naturelle de l’organisme face à une agression. 
Lorsque le système immunitaire s’emballe, ces molécules sont sécrétées en trop grande quantité. Une réaction hyper-inflammatoire peut être provoquée, c’est l’orage cytokinique. Les cytokines peuvent alors attaquer plusieurs organes, notamment les poumons. Cette réponse de l’organisme, déjà pointée du doigt pour le

Sras et le

Mers, pourrait provoquer les complications du Covid-19.
“Je pense qu’une réponse immunitaire exubérante est ce qui véritablement tue les patients (de Covid-19, ndlr) en détruisant les tissus. Mais ce n’est pas une certitudea expliqué à l’AFP le spécialiste américain en microbiologie et immunologie Stanley Perlman. “Cela n’expliquerait qu’une partie des décès. Pour le Sras, on avait constaté qu’environ 50% des décès étaient liés à cette surréaction”, nuance Frédéric Altare, directeur de recherche à l’Inserm et immunologiste, à

20 Minutes. 

La piste d’un traitement “À l’heure actuelle, il n’existe aucune approche thérapeutique efficace et éprouvée contre ce phénomène”, ajoute Stanley Perlman. Le groupe hospitalier public AP-HP à Paris a lancé l’essai

Corimmuno : des chercheurs testent plusieurs médicaments contre ces réactions inflammatoires excessives. La prise d’un

immunosuppresseur utilisé contre la

polyarthrite rhumatoïde (Tocilizumab) aurait permis d’améliorer l’état de Jonathan Raskin, pneumologue interrogé par le média

Salon et concerné par l’orage de cytokine alors qu’il était touché par le covid-19.

Coronavirus : comment apporter son aide aux personnes dans le besoin ?